Pauvre Martin

 

On le contourne on le traverse
Mais on ne s’y arrête plus
Mais on ne s’y arrête plus
Ce n’est plus qu’un point sur la carte
L’est oublié, n’en parlons plus
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Du temps de ma jeunesse folle
Quand on passait par la grand rue
Quand on passait par la grand rue
Il y avait moultes échoppes
Mais la plus part ont disparues
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Ils ont quitté notre réserve
Nombre d’indiens de la tribu
Nombre d’indiens de la tribu
Et pour le monde qui observe
Ne restent plus que des chenus
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
L’école a du fermer ses portes
L’église est vide et sans client
L’église est vide et sans client
Mais comment vivre de la sorte
Quand il n’y a plus que des sans dents
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Je me souviens de ma grand mère
Et du bon goût de ses crapiaux
Et du bon goût de ses crapiaux
Je me souviens de mon grand père
Qui ne jurait qu’en Morvandiau
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Elle est parti la Léontine
Elle a rejoint son Juju
Elle a rejoint son Juju
C’est un peu nous qui se débine
Lorsque les aïeux ne sont plus
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Quand de leurs châteaux en Espagne
S’en reviendront tous les cocus
S’en reviendront tous les cocus
En retrouvant notre campagne
Ils se diront si j’avais su
Si vous voyiez mon pauvre Georges, qu’est mon village devenu
 
Mais dans ce monde plein de doutes
Il est des hommes résolus
Il est des hommes résolus
A rebâtir coûte que coûte
Le paradis qu’ils ont perdu
Si vous voyiez mon pauvre Georges, un mince espoir est revenu